Cest
toujours une tâche difficile de critiquer un auteur, avec qui on a eu
le plaisir de travailler. Je suis un ex-élève de Maître Promard et je
lui dois beaucoup. Malheureusement, son livre " Escrime de Spectacle "
nest pas à la hauteur de son enseignement. Pour les anciens de "Jean ",
son uvre est un petit trésor, parce que nous y trouvons une collection
de tous les exercices que nous avons tant aimé. Toutefois, certains
exercices sont difficiles à comprendre pour quelquun nayant
jamais eu la chance de prendre des cours avec Maître Promard.
Mais
intituler cet ouvrage "Escrime de Spectacle "
paraît
plus que présomptueux. En effet, à part quelques vagues citations (
" Le spadassin, le traître se retrouvera dans une garde en-dessous
et voûtée, avec engagements subtils et cauteleux, fausses attaques, coups
de surprise dans les lignes basses, retraites simulées, parades enveloppantes,
coups cavés, ripostes à temps perdu, lame inquiète mais toujours en ligne
et guettant loccasion de se dérober. "), vous ne
trouverez rien concernant le spectacle et rien de spectaculaire dans ces
pages.
Je
pense que Maître Promard voulait laisser des traces de son enseignement,
mais pour ce faire, il na pas su sassocier avec les bons partenaires
dans le domaine du spectacle. Bref, "Premier livre d'initiation à
l'escrime de spectacle indispensable aux comédiens", certainement
pas!
Dommage,
car à une époque où les maîtres darmes semblent avoir oublié lusage
de la plume, les bons ouvrages sur lescrime et lescrime de
spectacle font péniblement défaut.
Michael
M.Hewer (1998)

Echantillon
Escrime de Spectacle, Jean Promard, Page 70 - 71: LES MENACES ET LES DÉPLACEMENTS
Le
maître Arsène VINCENT, au siècle dernier suggérait des directives techniques
très pertinentes.
"
Le spadassin, le traître se retrouvera dans une garde en-dessous et voûtée,
avec
engagements subtils et cauteleux, fausses attaques, coups de surprise
dans les lignes
basses, retraites simulées, parades enveloppantes, coups caves, ripostes
à temps perdu,
lame inquiète mais toujours en ligne et guettant l'occasion de se dérober.
Un
Bussy, un d'Artagnan, au contraire engage le fer bruyamment, marche avec
assurance, garde haute, et fier, se découvre avec audace, revient au fer
avec confiance,
attaque impétueusement, dédaigneux des coups bas."
Sur
la scène, le comédien fait des mouvements de lame et pointe, tant offensifs
que défensifs, simples et largement dessinés : tels les coups de PRIME,
de SECONDE,
de TIERCE HAUTE, de QUARTE HAUTE.
Les
déplacements, les changements de garde, les esquives du corps, les battements
sur le fer adverse, les écrasements de lame, donnent des effets puissants
et de la clarté
dans le duel.
Autant
que les menaces de la pointe, les "engagements" ou action de
prendre
contact avec le fer adverse, permettent de régler le début des phrases
d'armes. Exécutés,
soit en ligne haute, soit en ligne basse, les engagements donnent une
variété dans
l'assaut et créent l'illusion de la dextérité.
Le
cliquetis des lames captive l'oreille, comme le fait la "bastonnade"
dans la
commedia dell'arte.
OFFENSIVE
ET DÉFENSIVE
L'épée
de cour et le fleuret démoucheté ont les mêmes attaques et parades
augmentées d'une aide de la main gauche.
La
finalité du duel est la mise hors de combat de l'adversaire par désarmement,
blessure, blessure mortelle.
Les désarmements se font avec projection de l'arme ou simple saisissement
(plus élégant, plus magique pour le spectateur).
1° Sur attaque par BRISÉ-TÊTE
B. pare TIERCE HAUTE
-
avance pied gauche, main gauche sous
le poignet adverse DEMI-ENVELOPPEMENT de l'arme
menace POITRINE
2° Sur attaque par REVERS-JAMBE
B. pare SECONDE
-
avance pied gauche et pose main gauche
sur le poignet de A
DEMI-ENVELOPPEMENT
de l'arme
menace GORGE ( la pointe reste à 20-30 cm. du visage)
3° Attaque par COURONNÉ-POITRINE
B. pare QUARTE
-
avance pied gauche et dans l'angle
formé par les deux lames, enroule
le bras gauche autour de la lance
de A et pose la main sur le poignet.
-
menace POITRINE.
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