« En garde ! » Un maître d’armes défie au combat au Musée Altes Zeughaus, by Vanessa Simili, Solothurner Zeitung 19.08.2021

Publié le 19.08.2022

Traduit de l'Allemend avec Deepl

Un maître d'armes de Lausanne donne un aperçu de l'escrime baroque à Soleure.

Vêtus des robes de la noblesse médiévale, deux hommes croisent leurs lames. Au milieu de la bataille, ils se déplacent en silence et avec grâce. On entend que le son de leurs pas, le claquement des talons de leurs bottes et le bruit du métal sur le métal quand les lames se touchent. L'épée dans la main droite, la gauche levée, ils se déplacent avec une aisance dansante. Le tricorne à plumes est fermement posé sur la tête, les manches bouffantes flottent légèrement. Aussi élégants et léger leurs pas et leurs sots puissent paraître, le sol en terre du premier étage du « Museum Altes Zeughaus MAZ » vibre néanmoins.

Ce matin, une poignée de visiteurs s'intéressent à l’escrime historiques. Peu avant 11 heures, l'hôte Franziska Weber-Schmid, responsable de l'administration et des événements du MAZ, apparaît dans une robe bleu clair et un chapeau à plumes. L’éventail correspondant à la main, elle rejoint le public, tandis que Michael Müller-Hewer a demandé à son fils de rejoindre l'escrime. Le maître d'armes et professeur d'arts martiaux historiques le défie gentiment. Il a dû lui apprendre l'art de l'escrime dès l'enfance, c'est d’un naturel qu'il se déplace. Il est évident qu'il suivra les traces de son père. L'élégance est impressionnante.


La rapière comme révolution

Leur fascination pour l'art de l'escrime, les armes historiques et les combats scéniques font vibrer le public. Maître Müller-Hewer, qui a fait le déplacement de Lausanne spécialement pour les Journées du Baroque, est convaincant en maître d'armes. Il transmet le contenu de cet art ancien de manière accomplie et emmène les visiteurs dans une incursion à travers la diversité des épées. "L'épée de cour s'est développée en France au 17ème/18ème siècle, influencée par la rapière italienne", commence-t-il d'emblée in medias res.

En tant qu'arme d’estoc, et non de taille, elle a conduit à un changement de style de combat. "La rapière était une révolution", sait-il. "Le panier, qui est censé protéger la main, a été réduit à une petite garde." La nouvelle lame au profil triangulaire, flexible et plus courte a rendu l’arme considérablement plus léger. "Au lieu de 1300 grammes, une épée en France pesait environ 900 grammes." Ce qui n'impressionnerait guère un profane sans connaissances préalables, le maître le décrit comme un changement révolutionnaire.

Un coup d'œil dans la salle, où l'on peut voir toute une gamme d'épées, de sabres et de fleurets confirme que dans cet art martial aussi, les différences subtiles sont également importantes. L'escrime en tant que forme d'art s’est développée dans les écoles d'escrime et peut être divisé en plusieurs sous-catégories. L'escrime de duel est l'une d'entre elles. De même, Müller-Hewer n'ignore pas la politesse. Il s'agit, après tout, d'une composante essentielle - si ce n'est le cœur de la question.

« L'escrime devient le symbole standard de la noblesse au 17e siècle. »

Le calcul et la technique sont de mise

Après l'apport théorique, M. Müller-Hewer invite les visiteurs à échanger leur masque d'hygiène contre un masque d'escrime. Pour deux des cinq visiteurs, c'est le moment de se dire au revoir. Les trois autres sont visiblement satisfaits. Le maître vérifie que le masque est en place, puis ils commencent. L'épée doit être tenue correctement, les genoux légèrement pliés, les pieds dans une position stable et - ce qui est particulièrement inhabituel - la main gauche levée au-dessus de la tête, mais de façon lâche. La main gauche est écartée dans l'escrime de court français, explique-t-il. Pour qu'il ne soit pas blessé.

Deux par deux, ils sont maintenant autorisés à essayer des pas et à tâter les formes d'attaque. Une épée à la main semble éveiller un désir ludique de se battre. Mais l'intuition et l'agitation sauvage n'ont pas grand-chose à voir avec l'escrime, souligne le maître. L'escrime demande du calcul et de la technique. Il s'agit de bouger à partir du calme, dit M.Müller-Hewer. "Similaire aux échecs", dit André Gasser de Luterbach, qui participe à l'atelier par intérêt pour la culture soleuroise. Ce matin-là, il a déjà visité la nouvelle pharmacie historique de l'ancien hôpital.

Lors de la conversation qui suit l'atelier, les intérêts personnels et les motivations des autres participants sont également révélés. C'est l'intérêt historique qui a amené Beat Frey aux Journées du Baroque. Ce Soleurois, qui a également étudié l'histoire, vit à Genève depuis plus de 30 ans et s'intéresse aux films japonais. L’escrime y jouent un rôle important.

Frey s'est informé à l'avance et connaît l'expérience de M.Müller-Hewer en tant que chorégraphe de combat, il en profite pour poser des questions. Ici aussi, le maître d'armes s'appuie sur une riche expérience et partage ses connaissances d'une manière capable d'éveiller l'intérêt même les plus inexpérimentés. Nous apprenons que non seulement les nobles mais aussi les bourgeois étaient autorisés à pratiquer de l’escrime, et qu'en France il y avait quelques rares femmes escrimeurs - l'une d'entre elles, connue sous le nom de Mademoiselle Maupin, est entrée dans l'histoire en tuant prétendument 20 hommes avec son épée.